juin 13, 2026 · Global health

Note d’écoute et d’apprentissage sur le BVD : praticiens pairs de la RDC et de l’Ouganda

Stylized illustration of health workers in red and teal tones

4 et 13 juin 2026

Tirée de deux rencontres animées d’apprentissage entre pairs, réunissant des praticiens déjà présents dans les zones touchées et voisines, le 4 juin 2026 (transfrontalière, studios en anglais et en français) et le 13 juin 2026 (RDC, en français).

Préparée par Reda Sadki (TGLF), le 15 juin 2026. Revue par Panu Saaristo (TGLF) et Charlotte Mbuh (TGLF).

Destinée aux groupes de travail de la riposte à la maladie à virus Bundibugyo (BVD) en RDC, en Ouganda, et aux niveaux régional et mondial.

Comment citer: Sadki, R., & Mbuh, C. (2026). Note d’écoute et d’apprentissage sur le BVD : praticiens pairs de la RDC et de l’Ouganda (Version 1.0). The Geneva Learning Foundation. https://doi.org/10.5281/zenodo.22100046

Une note sur les termes utilisés dans toute cette note. Le virus Bundibugyo porte le sigle BDBV. La maladie qu’il cause est le BVD. Le virus Ebola est l’EBOV, et la maladie qu’il cause est l’EVD. Ce sont les maladies qui ont des épidémies, pas les virus. Cette note parle donc d’une épidémie de BVD et d’une épidémie d’EVD, jamais d’une épidémie de virus.

Une note sur la méthode et l’origine. Les citations sont rapportées mot pour mot, et les attributions sont vérifiées par rapport aux registres de présence. La traduction du français vers l’anglais a été faite par la TGLF à l’aide de Claude Opus 4.7. Les notes, les attributions et les traductions ont été validées par Patrice Bamulenga, responsable de la TGLF basé à Kinshasa, qui était l’un des principaux organisateurs des deux rencontres.

Responsable de ce document. Patrice Bamulenga, représentant de la Fondation en RDC, est le point focal opérationnel pour les groupes de travail, les groupes techniques et les réunions de coordination. On peut le joindre par l’intermédiaire de la Fondation. La Fondation ne finance pas pour le moment un poste dédié à ce travail.

Ce qui est nouveau dans cette note, et ce qui ne l’est pas

Les nombres de cas, le taux de létalité, le taux d’occupation des centres de traitement et le taux d’enquête sur les alertes ne sont pas insérés ici. En effet, les chiffres en direct insérés dans un texte sont dépassés à la minute où on les écrit, et les calculs bruts en plein événement invitent à une interprétation amateur. Pour les chiffres actuels, il faut consulter directement les sources qui font autorité : l’OMS et l’OMS AFRO, Africa CDC, et l’INRB Kinshasa pour la confirmation en laboratoire.

Le contenu nouveau se trouve en dessous du seuil de ces sources. Voici cinq éléments, classés par nouveauté et par la décision qu’ils impliquent pour un groupe de travail.

RangConstatTypeDécision impliquée
1Du personnel de la Croix-Rouge chargé des enterrements dignes et sécurisés a été attaqué. / Deux praticiens chevronnés de la RDC et un praticien de l’Ouganda prennent des positions opposées sur la participation de la famille ou des gardiens coutumiers. / Le phénomène lui-même n’est pas nouveau, et dix ans d’apprentissage sur l’enterrement digne et sécurisé offrent une voie médiane déjà établie.Question de protocole, absente des bulletins.Le groupe de travail sur l’enterrement digne et sécurisé doit prendre une position que l’on peut défendre, fondée sur les recommandations existantes de l’OMS.
2Retard de diagnostic d’environ un mois entre les premiers décès groupés dans la communauté et la confirmation de la souche, parce que les cartouches PCR du laboratoire de niveau 2 de Bunia ne correspondaient pas à la souche Bundibugyo. / Problème en partie réglé par les cartouches RADI-1 et les laboratoires mobiles à Mongbwalu, mais l’équivalent transfrontalier en Ouganda n’est pas confirmé.Qualité du bilan après action, avec une solution nommée précise.Le groupe de travail sur le laboratoire confirme le stock de RADI-1 dans chaque structure de niveau 2 concernée sous sept jours.
3Le scepticisme de la population sur l’existence du BVD reste l’avis de la majorité dans la zone de santé de Watsa, à 14 kilomètres de l’épicentre de Mongbwalu, après un mois de mobilisation et de sensibilisation par radio. / Données brutes KoboCollect disponibles.Signal quantitatif sous le seuil.Le groupe de travail RCCE-SBC croise les données avec l’écoute sociale et ajuste le choix des messages et des canaux au prochain cycle de coordination.
4L’intervalle entre les premiers décès groupés dans la communauté en avril 2026 et la confirmation de la souche à la mi-mai 2026 a été comblé par des explications mystiques dans la communauté. / La remontée latérale de l’alerte du niveau 2 vers l’INRB n’a pas été déclenchée quand le premier échantillon est revenu négatif au panel.Faille de surveillance, cause nommée.Le groupe de travail sur la surveillance revoit les règles de remontée pour les échantillons négatifs au panel dans les zones signalées.
5Des échecs de PCI dus à la peur ont été observés dans la riposte en Ouganda, dans une structure privée où un cas suspect a été laissé seul jusqu’à l’arrivée du commandement de l’incident. / Un script opérationnel mot pour mot est proposé pour les séances d’information de première ligne.Faille de PCI, applicable de part et d’autre de la frontière.Le groupe de travail sur la PCI confirme l’inclusion du secteur privé dans les séances d’information de première ligne sur la PCI, avec le script proposé.

Constat 1. Question de protocole : l’enterrement digne et sécurisé dans le contexte de la souche Bundibugyo

Deux praticiens chevronnés de la RDC et un praticien de l’Ouganda prennent des positions opposées, de façon officielle, sur la question de savoir si la famille ou les gardiens coutumiers de l’enterrement doivent être autorisés à participer à l’enterrement d’une victime de l’EVD ou du BVD, avec des EPI.

L’événement déclencheur a eu lieu le 11 juin 2026 ou aux alentours de cette date.

Marlène Kapinga Mulumba, ambassadrice de la TGLF et cheffe de service à la Direction nationale de la formation continue en RDC, a rapporté ce qui suit lors de la séance du 13 juin :

« Il y a deux jours, nous avons reçu l’information que les gens de la Croix-Rouge sont attaqués. Pourquoi sont-ils attaqués ? Nous connaissons nos cultures et nos traditions africaines : quand il y a un décès, tu dois être présent pour ton membre de famille. Mais dans le contexte de la maladie, et surtout de la souche Bundibugyo, tu ne peux pas être présent. C’est ainsi qu’une psychose s’installe dans la population, qui dit qu’ils mentent. La population essaie d’aller prendre le corps, et cela multiplie les cas. Si les membres de la famille doivent être autorisés à être présents, il faut leur donner l’équipement. »

Source : Marlène Kapinga Mulumba, 13 juin 2026.

Le docteur Évariste Kayembe, spécialiste de la violence basée sur le genre à l’Unité de gestion du Programme de développement du système de santé de la RDC, en mission à Bunia et à Rwampara deux semaines après la déclaration officielle, a renforcé cette position et l’a étendue aux membres de la communauté qui sont coutumièrement responsables des enterrements :

« Nous avons vu des équipes qui mènent des enterrements dignes et sécurisés se faire menacer. C’est parce que, dans la communauté, il y a des gens qui sont d’habitude chargés de l’enterrement. Nous devons nous appuyer sur ces gens, renforcer leurs capacités, leur donner des équipements de protection individuelle pour qu’ils puissent eux-mêmes mener les enterrements des membres de leur communauté. Quand tu fais venir des équipes d’ailleurs pour enterrer les morts dans les villages, cela crée un problème culturel. »

Source : docteur Évariste Kayembe, 13 juin 2026.

La position opposée a été énoncée le 4 juin par le docteur Hilary Okello, du Conseil municipal de Lera, qui avait participé directement à la riposte de Gulu :

« En Afrique, ce à quoi les gens tiennent encore tellement, c’est l’enterrement de leur proche. Une fois que quelqu’un est mort d’Ebola, laisse l’équipe d’enterrement s’en occuper, pas toi le membre de la famille. Et cela doit être fait avec toutes les précautions, parce que je me souviens de l’autre fois à Gulu : ce qui a le plus fait répandre la maladie, c’était sur le lieu de l’enterrement. »

Source : docteur Hilary Okello, 4 juin 2026.

Le contexte tiré de la pratique établie de l’enterrement digne et sécurisé. La tension ci-dessus est réelle, mais le phénomène de résistance des familles aux enterrements menés par des personnes de l’extérieur n’est pas nouveau, et il n’est ni inhabituellement fréquent ni plus violent dans cette épidémie que dans les ripostes passées. Dix ans d’apprentissage sur l’enterrement digne et sécurisé offrent une voie médiane déjà établie que le groupe de travail n’a pas besoin de réinventer. Les équipes d’enterrement solides sont les plus cohérentes, les plus compétentes et les plus expérimentées disponibles. Elles comprennent un médiateur culturel, ont un superviseur solide, négocient pour qu’un ou deux membres de la famille en EPI complet participent pendant que les autres observent à bonne distance, et attribuent à chaque membre de la famille en EPI un observateur de sécurité dédié. Les recommandations de l’OMS sur l’enterrement digne et sécurisé devraient être le point de référence pour le groupe de travail.

Décision impliquée pour le groupe de travail sur l’enterrement digne et sécurisé. Un protocole actuel d’enterrement digne et sécurisé qui remplace la famille est rejeté violemment dans certaines zones de l’Ituri. Un protocole modifié qui admet la famille ou le gardien coutumier de l’enterrement avec des EPI, comme la voie médiane établie le prévoit déjà, a des raisons d’acceptation culturelle en sa faveur et des risques opérationnels contre lui. Le groupe de travail doit prendre une position que l’on peut défendre, fondée sur les recommandations existantes de l’OMS, et ne pas laisser la tension se régler par des attaques et des contre-attaques sur le terrain. Les deux praticiens nommés de la RDC et le docteur Okello ont proposé d’écrire ensemble un document sur cette question de protocole et ses détails, en dialogue avec les responsables techniques de l’enterrement digne et sécurisé.

Constat 2. Faille de laboratoire : les cartouches RADI-1 et le retard de diagnostic d’un mois

Le docteur Évariste Kayembe a énoncé lors de la séance du 13 juin ce qui était resté un fait opérationnel discret pendant les mois d’avril et de mai :

« Notre organisation avait soutenu la réhabilitation du grand laboratoire de Bunia, avec un financement de la Banque mondiale. Mais l’appareil qui permettait le diagnostic était la PCR. Cette souche du virus ne pouvait pas être détectée par cela. Il fallait les cartouches, l’appareil RADI-1. C’est ainsi que les premières détections ont été faites depuis l’INRB Kinshasa. Notre projet a ensuite apporté un soutien considérable pour renforcer la capacité du laboratoire, afin que les diagnostics puissent être faits localement avec des laboratoires mobiles, notamment à Mongbwalu. »

Source : docteur Évariste Kayembe, 13 juin 2026.

Le 4 juin, le docteur Géou Molékou, consultant de l’OMS et épidémiologiste, avait posé la question de fond :

« Nous avons appris que les alertes qui montaient vers les laboratoires de Bunia avaient un problème de cartouches. Cela veut dire que pour la lecture, pour faire l’analyse de la souche Bundibugyo, vous n’avez pas de cartouches pour cela, vous avez plutôt des cartouches pour la souche Zaïre. Comment se fait-il que, déjà, la sixième épidémie en 2012 ici à Tuelet, c’était la souche Bundibugyo. Comment se fait-il que vous ne puissiez pas avoir cette cartouche pour pouvoir détecter à temps avec les alertes que vous aviez ? »

Source : docteur Géou Molékou, consultant de l’OMS, 4 juin 2026.

Décision impliquée pour le groupe de travail sur le laboratoire. Une vérification de la préparation du laboratoire sur la disponibilité des cartouches RADI-1 est due dans chaque laboratoire de niveau 2 et chaque laboratoire mobile concerné, y compris le district de Bundibugyo en Ouganda et les corridors frontaliers. L’histoire transfrontalière de la souche Bundibugyo, en 2007 et en 2012, montre qu’il s’agit d’une faille de préparation propre à cette souche, que tout pays concerné peut vérifier en quelques jours. La Fondation peut réunir le docteur Kayembe et le docteur Molékou pour rédiger la liste de vérification et la voie d’approvisionnement.

Constat 3. Vérification de l’efficacité de la RCCE-SBC : zone de santé de Watsa, enquête KoboCollect, à 14 kilomètres de l’épicentre

Pasiko Eza, ambassadeur de la TGLF et point focal de zone de santé à Durba, en Ituri, a mené une enquête de perception communautaire avec des pairs à Kinshasa, à l’aide de l’application KoboCollect que le secteur de la santé publique utilise pour les enquêtes auprès des ménages.

L’enquête a été conçue, financée et exécutée par lui-même, en quelques jours après la déclaration officielle.

« Avec des amis de Kinshasa, nous avons pensé à utiliser une application KoboCollect pour voir les perceptions de la population face à cette épidémie. Une descente sur le terrain a été menée, et nous avons collecté quelques données. Malheureusement, les données collectées ont révélé une faille critique. Une grande partie de la population locale reste profondément sceptique sur l’existence de la maladie à virus Ebola. »

Source : Pasiko Eza, 13 juin 2026.

Décision impliquée pour le groupe de travail RCCE-SBC. Un mois après la déclaration officielle, après une sensibilisation intensive par radio, la position de la majorité dans la zone de Watsa est le déni de la maladie. C’est un signal clair d’échec opérationnel pour le pilier RCCE-SBC dans cette zone. Il faut croiser ces données avec l’écoute sociale en place. Il faut ajuster le choix des messages et des canaux. L’instrument et les données brutes sont disponibles sur demande pour le groupe de travail.

Constat 4. Faille de surveillance : un retard d’un mois entre les premiers décès groupés dans la communauté et la confirmation de la souche

Voici les propos du docteur Eli Mutombo, ambassadeur de la TGLF en RDC et spécialiste de l’épidémiologie au sein de l’équipe nationale de riposte, le 4 juin :

« La petite histoire de cette épidémie dans notre pays, c’est qu’elle a commencé à partir du mois d’avril, mais toutes les alertes qui montaient ne nous donnaient pas la vraie situation. C’est seulement au mois de mai, vers le 5 mai, que nous avons demandé que les échantillons qui avaient été prélevés montent à Kinshasa, au laboratoire national, pour que les analyses soient approfondies. Parce qu’au niveau de la province de l’Ituri, nous avions déjà testé le premier échantillon, qui était négatif pour presque tous les virus dans ces coins. »

Source : docteur Eli Mutombo, équipe nationale de riposte de la RDC, 4 juin 2026.

L’intervalle entre les premiers décès groupés dans la communauté et la confirmation de la souche a été comblé par des explications mystiques dans la communauté, bien documentées dans le dialogue du 4 juin.

L’alerte initiale documentée a eu lieu le 5 mai 2026, et les quatre décès d’agents de santé ont eu lieu à l’Hôpital général de référence de Mongbwalu, en Ituri, d’où les cas se sont ensuite répandus vers Rwampara et Bunia.

Décision impliquée pour le groupe de travail sur la surveillance. Il faut revoir les règles de remontée latérale pour les échantillons négatifs au panel dans les zones où l’on observe des décès groupés inexpliqués. Le panel de niveau 2 ne contenait pas le Bundibugyo. La remontée vers l’INRB Kinshasa a été déclenchée trois à quatre semaines plus tard qu’elle aurait pu l’être. Le même schéma peut se reproduire dans n’importe quelle zone touchée de l’Ituri ou dans les districts frontaliers de l’Ouganda. La solution est procédurale et peu coûteuse.

Constat 5. Faille de PCI : le secteur privé et la peur chez le personnel de première ligne

Voici les propos du docteur John Kamulegeya, épidémiologiste à la Faculté des sciences de la santé de Makerere, qui soutient la division de la vaccination du ministère de la Santé, et responsable de la recherche des contacts et de la surveillance dans la riposte en Ouganda, le 4 juin :

« Il y a de la peur chez chaque agent de santé, parmi les agents de santé, au sujet d’Ebola et de la possibilité de contracter l’EVD. Dans l’une de nos zones, dans une structure privée, un cas suspect d’Ebola est arrivé. Et la plupart des structures privées n’ont pas de personnel formé et manquent d’EPI de PCI pour gérer cela. Donc presque tout le monde a laissé le patient là, jusqu’à ce que nous devions appeler le commandement de l’incident, et ensuite ils ont dû venir et soutenir l’équipe. »

Source : docteur John Kamulegeya, 4 juin 2026.

Voici sa réponse opérationnelle mot pour mot, proposée comme un script que les séances d’information de première ligne peuvent adopter sans modification :

« Tu peux te protéger contre l’infection à Ebola si tu respectes strictement la prévention et le contrôle de l’infection. Donc c’est correct de prendre soin de ce patient, mais tu dois prendre soin de toi-même, respecter la prévention et le contrôle de l’infection, et j’appelle les personnes techniques pour gérer la situation. »

Source : docteur John Kamulegeya, 4 juin 2026.

Voici les propos du docteur Hilary Okello, sur la conséquence en matière d’approvisionnement :

« Les partenaires de mise en œuvre, une partie de la PCI, surtout les éléments de PCI qui sont nécessaires dans la structure, dans la communauté, qu’ils les fournissent, qu’ils soient disponibles. Ne laissez jamais les agents de santé en première ligne courir le risque de travailler sans la PCI. »

Source : docteur Hilary Okello, 4 juin 2026.

Décision impliquée pour le groupe de travail sur la PCI. Il faut confirmer que les structures privées des pôles de commerce et d’exploitation minière, dans les zones touchées et voisines, sont incluses dans les séances d’information sur la PCI et dans la distribution des EPI, et adopter le script proposé. Le cas de l’Ouganda montre le mode d’échec sans script et sans approvisionnement. Les mentions des EPI dans les séances d’information devraient donner l’équivalence avec la norme régionale, par exemple un masque respiratoire N95 ou FFP2 (ou supérieur) selon la norme EN 149, plutôt que la seule norme des États-Unis.

Constats secondaires, moins nouveaux mais toujours pertinents

Géographie économique transfrontalière : le corridor de Fort Portal

Voici les propos du docteur Bwango Benjamin, médecin titulaire d’un master en santé publique, à Fort Portal, en Ouganda, le 4 juin :

« De Fort Portal à Bundibugyo, ce ne sont que quelques kilomètres. Nous avons un district, Amidish, et ensuite tu es déjà dans le district de Bundibugyo. Nous utilisons les marchés avec ces gens de Bundibugyo. L’hôpital de référence régional pour la région se trouve aussi à Fort Portal. Ces gens de Bundibugyo viennent vers ce côté-ci de la frontière pour les marchés d’échange et ainsi de suite. Même, d’habitude, ils viennent se rassembler pour les prières. Même récemment, en tant qu’Ouganda, nous célébrons d’habitude la Journée des Martyrs, qui a lieu chaque 3 juin. Et elle a même été suspendue. »

Source : docteur Bwango Benjamin, 4 juin 2026.

Décision impliquée pour la coordination du côté ougandais. Les marchés, l’hôpital de référence régional et les rassemblements religieux sont les vecteurs précis nommés. La suspension de la Journée des Martyrs du 3 juin est un précédent pour des mesures de précaution semblables autour des rassemblements futurs.

Préparation des provinces voisines : le moment de la rumeur avant les cas

Voici les propos de Toyi Mirefu, ambassadrice de la TGLF à Bukavu, au Sud-Kivu, le 13 juin :

« Il n’y a pas encore beaucoup de cas enregistrés dans la zone. Les gens ne sont pas éveillés comme dans la province de l’Ituri. En Ituri, à Bunia, au Nord-Kivu, les gens sont déjà conscients et commencent à bien apprendre. Même à l’école, je parlais avec ma sœur qui est à Bunia. Elle a dit que même à l’école, c’est sa petite fille à la maternelle qui rentre à la maison avec les mesures de prévention. »

Source : Toyi Mirefu, 13 juin 2026.

Décision impliquée. Le pré-positionnement d’une capacité de réponse aux rumeurs dans les provinces pas encore touchées est le moment le moins coûteux pour agir, avant que la rumeur n’ait organisé la population. La zone de santé de Mitumoresa, au Sud-Kivu, est la seule zone touchée de cette province et un point d’entrée.

La sécurité comme pilier de la riposte dans les zones touchées par le conflit

Voici les propos de Joseph Baroani Kikuni Jobacky, expert au ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention de la RDC, et inspecteur chef de pôle à l’Inspection générale de la santé :

« Quand cette maladie apparaît dans une zone en conflit, à l’est, nous ajoutons les piliers de sécurité. Tu ne peux pas mener ta supervision sans que les éléments de sécurité t’y autorisent, parce que la zone est en conflit. »

Source : Joseph Baroani Kikuni Jobacky, 13 juin 2026.

Statut. Déjà connu de la plupart des gestionnaires qui travaillent en Ituri. Rappelé ici parce que cela façonne la faisabilité de chaque élément opérationnel ci-dessus.

Questions opérationnelles ouvertes soulevées au sein du réseau

Deux des quatre questions ci-dessous ont des réponses connues, elles sont donc traitées ici, avec la réserve explicite que les réponses rédigées attendent encore une validation d’expert, le même goulot d’étranglement de validation qui retarde le module de base de la Fondation.

Les deux autres restent ouvertes comme de vraies questions de réseau, pour qu’un responsable de la riposte y réponde, avec l’effet multiplicateur nommé.

  1. Une personne en période d’incubation peut-elle contaminer les autres ? Une personne infectée par l’EBOV ou le BDBV n’est généralement pas contagieuse pendant la période d’incubation sans symptômes, et le risque de transmission apparaît une fois que les symptômes commencent. Question posée par Trésor Ntumba Kalonji, à Mbujimayi, dans la discussion en ligne, le 13 juin 2026.
  2. Quelle est la différence opérationnelle entre l’EVD et le BVD pour une sage-femme dans une structure de santé ? Pour une sage-femme au point de soins, les précautions de PCI, les signes qui font reconnaître un cas et la voie d’orientation sont en pratique les mêmes pour l’EVD et le BVD. La principale différence pratique est que le panel GeneXpert peut revenir négatif pour la souche Bundibugyo. Un résultat négatif ne doit donc pas relâcher les précautions chez un cas cliniquement suspect. Question posée par Guédé Noël, sage-femme inspecteur, le 4 juin 2026.
  3. Que fait-on actuellement sur le terrain pour lutter contre l’infodémie sur les réseaux sociaux ? Question laissée ouverte pour qu’un responsable de la riposte y réponde. Question posée par Oger Mulange, dans la discussion en ligne, le 13 juin 2026.
  4. Y a-t-il assez d’intrants de PCI sur le terrain dans les zones touchées ? Question laissée ouverte pour qu’un responsable de la riposte y réponde. Question posée par Oger Mulange, dans la discussion en ligne, le 13 juin 2026.